Les 10 erreurs à éviter en photographie animalière

Les 10 erreurs à éviter en photographie animalière

Nous passons une partie de notre temps sur le terrain à côtoyer des photographes animaliers amateurs ou professionnels. Cette expérience fait de nous des témoins de la vie de ces photographes, de leurs succès, mais aussi des difficultés qu’ils rencontrent, et par conséquent, des erreurs qu’ils commettent.
La photographie animalière n’est pas un domaine facile. Elle implique d’être passionné par la nature, d’aimer le vivant et la vie sauvage, mais aussi de se montrer patient, d’avoir des attentes raisonnables et de garder la tête froide en toutes circonstances.
Nous avons décidé de regrouper ici les 10 erreurs à éviter en photographie animalière. Le but étant de vous aider à progresser et d’aller de l’avant.

1- Faire preuve d’impatience

Nous nous devions de commencer cette liste des erreurs à éviter en photographie animalière avec celle qu’on observe le plus sur le terrain. Vouloir absolument, par tous les moyens, faire une photo ou une observation, se conclut dans la majeure partie des cas par un échec. Et qui dit échec, dit dérangement des animaux.

La patience est une part importante de la formation à la photographie animalière. Avant de se lancer, on doit accepter les règles du jeu. Autrement, on court droit à la catastrophe.
En effet, la première chose à apprendre est de gérer ses attentes. Sortir sur le terrain en ayant trop d’attentes peut justement nous précipiter dans une course à la photo. Au contraire, limiter ses attentes et se contenter de ce que la nature nous offre rend les choses tout de suite plus faciles. On réalise de meilleures images, on dérange moins les animaux et on est moins frustré.

La patience est une vertu importante du photographe animalier. Elle est ce qui nous permet d’observer, d’apprendre et de témoigner. C’est grâce à elle que nous finissons par avoir une image globale de la vie d’un animal, et par extension, de réaliser des photos qui traduisent ce travail.

2- Utiliser des réglages automatiques

Certes, les réglages automatiques des appareils photo modernes sont ultra performants. Mais même si on dispose du meilleur appareil photo, on finit par être rattrapé par la réalité : dans une grande partie des conditions de lumière, la seule façon d’obtenir les résultats souhaités est d’utiliser des réglages manuels.

Utiliser des réglages manuels signifie se former sérieusement à la photographie. Non seulement comprendre le fonctionnement de l’exposition, de l’ouverture et de la sensibilité, mais également pratiquer jusqu’à ce que ces réglages deviennent naturels et intuitifs.
Sur le terrain, un photographe animalier n’a pas forcément le temps de penser aux réglages. Seule l’expérience permet d’arriver à ce niveau de maîtrise.

Pour donner un exemple, il est impossible de photographier des animaux au crépuscule, et d’arriver à un résultat précis, avec des réglages automatiques. Dans l’obscurité, l’appareil photo va chercher à trop exposer. Il y a de fortes chances pour que le résultat soit une photo floue et très bruitée, car l’appareil photo aura utilisé un temps d’exposition et une sensibilité trop élevés.
Dans ce cas, en choisissant soi-même son exposition et la sensibilité de l’appareil photo, on peut photographier les silhouettes des animaux par exemple, ou une partie brillante d’un animal (comme l’œil).
Il en va de même pour photographier des oiseaux en mouvement. Seuls les réglages manuels permettent de s’adapter à la vitesse de l’animal.

3- Vouloir photographier des animaux sans prospecter

Lorsqu’on souhaite photographier une espèce, la prospection est certainement l’étape la plus importante. Elle s’apparente à une enquête durant laquelle on se renseigne sur les animaux qu’on souhaite photographier : leur territoire, leur aire d’alimentation/chasse, leurs habitudes, etc. L’idée est de mettre toutes les chances de son côté pour réaliser les images qu’on souhaite tout en limitant le dérangement sur les animaux.

Prospecter permet d’accumuler des informations pour être en mesure de faire des affûts au bon moment et au bon endroit.
Pour prospecter, nous vous recommandons de vous munir d’une paire de jumelles et de sortir sans votre appareil photo.
Certains photographes utilisent également un carnet de notes pour noter leurs observations, les horaires, etc.

Certes, beaucoup de photographes aiment se balader et faire de la photo animalière au gré des rencontres. Mais cette méthode est loin d’être la plus efficace d’une part, et elle peut provoquer beaucoup de dérangement d’autre part. Elle est aussi souvent frustrante car qui dit échec, dit frustration.

Enfin, prospecter de loin avec des jumelles augmente les chances de découvrir de nouvelles espèces ou de nouveaux individus ayant établi leur territoire dans la zone. Si vous n’avez pas encore de jumelles, nous vous conseillons la gamme Prostaff de chez Nikon qui offre un très bon rapport qualité prix.

4- Manquer d’éthique

On ne va pas vous le cacher, chez Wildlife Photo Travel, l’éthique du photographe animalier est très importante et on applique des règles strictes durant nos stages photo animalière. Les photographes animaliers qui nous suivent dans nos aventures doivent respecter ces règles dont le but principal est de limiter notre impact sur la faune et la flore.

Pour nous, c’est d’abord l’éthique qui fait un bon photographe animalier. Respecter les animaux qu’on photographie, se soucier de leur sécurité, de leur bien être, est la porte d’entrée vers ce monde incroyable. C’est ce souci, cette empathie, qui nous pousse à comprendre, apprendre et rendre en image des histoires de la vie sauvage.

Mais concrètement, quelles sont les conséquences du manque d’éthique en photographie animalière ? Et bien, en premier lieu, on met ces animaux en danger, parfois sans même s’en rendre compte. Pousser un animal à changer de terrier, retarder un nourrissage, etc, peut mettre ces animaux en danger de mort.
Ensuite, dans ce genre de situations, le photographe n’est plus témoin mais acteur de la scène. Ce qui signifie qu’il influe sur le comportement des animaux, il crée une situation de stress ou de panique. Et autant être claire : rien de bon ne peut résulter de ces situations, ni pour le photographe, ni pour l’animal.

Enfin, l’éthique, c’est ce qui donne à la photographie animalière sa grandeur. Avant d’être un métier, c’est une passion, un mode de vie. C’est une porte ouverte sur un monde extraordinaire, mais aussi un monde en danger. Pour toutes ces raisons, nous pensons que manquer d’éthique est l’une des principales erreurs à éviter en photographie animalière.

5- Ne pas se documenter sur les espèces qu’on veut photographier

C’est l’une des erreurs à éviter en photographie animalière les plus communes. Comment photographier ce qu’on connaît pas ?
Le photographe est un témoin, il raconte une histoire. Pour raconter l’histoire d’un animal, on doit d’abord le comprendre soi-même. Et le comprendre commence par savoir qui il est, son quotidien. Il faut donc l’observer, idéalement de loin, avec des jumelles. Comparer ses observations avec de la documentation (des monographies, de la documentation en ligne …) est le meilleur moyen de se familiariser avec une espèce et de confirmer ses conclusions.

Par ailleurs, il est très difficile d’approcher une espèce si on ne connaît pas son fonctionnement, ses sens, ses habitudes, etc. Vouloir photographier un animal qu’on ne connaît pas se termine presque toujours par un dérangement et la fuite de l’animal en question.

Enfin, se documenter sur les espèces qu’on veut photographier est un bon moyen de protéger ces espèces. L’information est primordiale, elle permet de sensibiliser le public et de rendre l’existence de ces animaux plus tangible. Il est impossible de protéger une espèce dont on ignore tout.
Par exemple, chez Wildlife Photo Travel, nous passons énormément de temps à observer et photographier le renard polaire, mais nous passons également beaucoup de temps à nous documenter, à lire des études. Cette combinaison nous permet de nous rendre compte des comportements particuliers, de ce qui sort de l’ordinaire. Mais aussi de mettre en place un cadre de travail qui protège les renards.

6- Être mal équipé

En photographie animalière, l’équipement ne concerne pas uniquement le matériel photographique. Pour passer du temps sur le terrain, il est souvent nécessaire d’avoir des vêtements et des accessoires adaptés. Par exemple, comment photographier des animaux en hiver, en profitant de la neige, sans être habillé en conséquence?

En fonction de la situation, il faut être en mesure de rester dehors de longues heures durant, souvent en position statique. Il faut donc se protéger du froid, de la chaleur, des moustiques, des tiques, etc. Bref, vous l’aurez compris, on ne peut pas partir à l’aventure sans avoir étudié la question au préalable.

Nous avons personnellement vu beaucoup de photographes avoir des difficultés durant une sortie photo, et finir par abandonner par manque de vêtements chauds. Le froid peut vite saper le moral. On a alors qu’une envie, rentrer chez soi pour se réchauffer. C’est l’une des erreurs à éviter en photographie animalière.

Pour nos stages photo, nous avons créé des documents qui expliquent aux photographes quels vêtements et accessoires prévoir en fonction de la destination. Si vous vous lancez seul, l’idéal est de se rendre dans un magasin de matériel de randonnée et d’expliquer aux vendeurs ce que vous vous apprêtez à faire. Il vous conseilleront alors sur les vêtements adaptés à votre région ou à votre destination.

7- Ne pas prendre en compte l’environnement, les arrières plans et l’angle de prise de vue

Votre environnement, l’arrière-plan de votre sujet, et l’angle de prise de vue sont les principaux paramètres qui vous permettent de faire votre composition. Ces paramètres doivent être pris en compte au préalable, car une fois dans le feu de l’action, il est souvent trop tard pour changer d’idée.

C’est lors de la prospection que ces choix doivent être faits. C’est à ce moment-là qu’on a une vision globale du terrain, des arrières plans possibles, du parcours de notre sujet et des options qui s’offrent à nous. En prenant en compte toutes ces options, on peut rêver, imaginer les photographies qu’on veut faire, c’est le moment d’être créatif !

Comme pour le choix de l’environnement et de l’arrière-plan, le choix de l’angle de prise de vue influe considérablement sur vos compositions. Globalement, la règle est de photographier les animaux à hauteur d’yeux. Mais en photographie, et dans l’art en général, les règles sont faites pour être enfreintes, à condition de maîtriser le sujet. En effet, pour enfreindre une règle et réaliser une composition originale, il faut d’abord connaître la règle en question.

En photographie animalière, il y a plusieurs moyens de varier l’angle de prise de vue. Pour être à hauteur d’yeux, le meilleur moyen est d’utiliser un trépied. Mais d’autres angles peuvent être intéressants. Par exemple, se positionner à ras du sol pour isoler le sujet en créant un flou de premier plan (avec la neige, l’herbe …). De même, se positionner à ras d’eau peut créer un très bel effet immersif.

8- Ne pas choisir de sujet au préalable

L’une des erreurs classique en photographie animalière est de vouloir photographier tous les animaux, de sortir sur le terrain sans avoir de sujet précis. En agissant ainsi, on s’éparpille et on baisse considérablement ses chances de réussite. D’ailleurs, la réussite n’est-elle pas de réaliser les photos qu’on a imaginé, avec des sujets précis, dans un environnement précis, etc ? Il est donc logique de choisir un sujet au préalable, de se documenter, de prospecter et ensuite sortir en ayant cet objectif en ligne de mire.

En règle générale, nous conseillons toujours aux photographes animaliers de se concentrer sur un sujet, d’avoir des objectifs, et de passer au sujet suivant une fois ces objectifs atteints, ou abandonnés (oui, on a le droit de changer d’avis!).

9- Manquer d’anticipation

En photographie animalière, tout est une question d’anticipation. On n’attends pas que les événements se produisent, on les imagine, on y réfléchit et on tente de les anticiper. De cette façon, on n’est pas pris au dépourvu, ni surpris. On gère les situations car on les a prévues. Parmi les erreurs à éviter en photographie animalière, celle-ci est particulièrement dommageable.

À vrai dire, peu importe le domaine de la photographie dont on parle, qu’il s’agisse de photo animalière, de portrait, de paysage ou de photographie de rue, l’anticipation est une qualité clé. Le manque d’anticipation devient assez vite un manque d’opportunités.

Mais en quoi consiste concrètement cette anticipation ? Voici quelques conseils pour vous aider à prendre de l’avance sur les événements qui peuvent se produire en photographie animalière :

  • Ne pas se soucier uniquement des animaux qui sont devant nous, mais également de ceux qui peuvent arriver derrière.
  • Préparer ses réglages avant d’être en situation de faire des images. Il faut adapter ensuite ses réglages à mesure que la lumière change. Ainsi, lorsque la bonne situation se produit, l’appareil photo est prêt !
  • Ne jamais avoir de préjugés sur ce qui va se passer ou non. L’observation doit rester objective. Parfois, à trop vouloir qu’un événement se produise, on finit par croire qu’il va se produire. Il faut au contraire rester ouvert à tout ce que la nature peut vous offrir.
  • Anticiper les parcours possibles de votre sujet, et prendre en compte le fait qu’un événement peut lui faire changer de trajet (un randonneur qui passe, un autre animal …)
  • Se renseigner sur l’activité humaine durant les périodes de sorties (une course de vélo peut par exemple vite rendre toute pratique de la photo animalière impossible)
  • Prévoir l’équipement nécessaire pour différents météos (pluie, neige, chaleur …)
  • Se documenter sur le cycle de vie de son sujet. Par exemple, connaître la saison des amours, des naissances … de sorte à adapter ses sorties et son comportement à ces périodes.

10- Croire que c’est l’appareil photo qui va faire la photo

Autre erreur à éviter en photographie animalière : certains photographes donnent trop de responsabilité à leur appareil photo.
Notre matériel est sous notre contrôle, les photographies que nous réalisons sont la traduction de notre sensibilité et de notre maîtrise technique. Penser qu’un appareil photo va faire la photo de nos rêves à notre place est une erreur fondamentale. Ce genre d’idée est ce qui pousse beaucoup de photographes animaliers a constamment acheter de nouveaux appareils photo, de nouveaux objectifs, etc. Malheureusement, malgré la technologie, le problème reste le même et ces photographes n’arrivent pas à progresser. Parfois, ils continuent d’incriminer le matériel pour leurs échecs.

Il est clair que la meilleure approche reste de s’armer de patience et de faire son autocritique pour comprendre ses propres erreurs. Échanger avec d’autres photographes, partager ses expériences, est aussi un très bon moyen de s’améliorer. Les photographes animaliers font souvent les mêmes erreurs. Les partager est non seulement utile pour progresser, mais également rassurant. Nous pensons que c’est un très bon moyen de positiver et de transformer un échec en apprentissage.

En conclusion, aucun appareil photo ne fera de photo à notre place. Il n’y a généralement aucune raison d’incriminer son équipement. Il faut au contraire chercher à le comprendre pour en avoir une maîtrise parfaite et intuitive.

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